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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 15:40

 

« Irhal » (dégage en arabe), « Dégage » en français, il ne manquait que le mot en  kabyle pour que les 420 grévistes de Leader Meuble, une entreprise sise à Taboukert, 20 km à l'est de Tizi Ouzou, expriment dans les trois langues du pays leurs ras-le-bol. 29 jours après le début du mouvement de protestation, aucune solution ne se profile.


travailleursEn grève depuis le 10 juillet dernier, les travailleurs de cette entreprise spécialisée dans la menuiserie industrielle veulent dégager le directeur technico-production lequel cumule quatre casquettes et obtenir de meilleures conditions de travail.

Si le directeur de l’usine s’arrache les cheveux, constate le manque à gagner quotidien voit filer de substantiels contrats, ses travailleurs ne démordent pas. Eux ne veulent plus de celui qu’ils désignent par le vocable « lui ». Lui, c’est le directeur technico-production, président de la section syndicale, président du comité de participation et aussi membre du conseil national de l’UGTA (syndicat officiel).

Dans cette entreprise lancée en 1978 qui a pour clients notamment de grands ministères ainsi que des hôtels, le ressentiment des 420 grévistes se concentre autour de cette personne considérée comme « la cause principale de la crise que connaît Leader Meuble».

• Consulter le site officiel de Leader Meuble

Que reproche-t-on à cet homme aux quatre casquettes ? Dans la bouche des travailleurs rencontrés devant le piquet de grève, les griefs sont nombreux. Cet homme, disent-ils, est à la tête du syndicat depuis 18 ans, martyriserait les employés en les intimidant, serait derrière certains licenciements, recruterait ses connaissances, embaucherait sa famille, ses proches, et enfin, dirigerait l’entreprise en sous-main.

Bref, cet homme-là ferait la loi au sein de cette entreprise publique qui avait connu de beaux jours notamment dans les années 1980 à l’époque du socialisme. « Nul ne comprend pourquoi le sort de l'entreprise tiens à la seule personne de ce président de syndicat, bougonne un travailleur. Il est temps que l’UGTA intervienne pour débloquer la situation.

Pour les travailleurs qui observent un piquet de grève depuis 29 jours, la reprise du travail est donc conditionnée par la révocation de ce responsable.

Mais encore plus ! Ils exigent également la revalorisation de leur salaire à hauteur de 50 %, la remise de tenues réglementaires de travail, le payement et la régularisation des travailleurs en fonction du poste occupé. «Pensez que depuis 17 ans, ils ne nous donnent plus de chaussures de protection », râle un gréviste.

Que dit la direction? Si le directeur de Leader Meuble, Amazouz Lounes, admet que certaines revendications des grévistes sont légitimes, il ne comprend pas pour autant les récriminations adressées à l’encontre du directeur technico-production. « Celui-ci a été élu, explique-t-il, par les travailleurs et reconduit dans ses fonctions de syndicaliste pendant plusieurs années. Pourquoi veulent-ils le dégager aujourd’hui ?! »

Il ne comprend pas non plus que les grévistes continuent leur mouvement de protestation alors que l’entreprise perd déjà 200 millions de centimes par jour de grève et pourrait mettre la clé sous le paillasson faute de signer de nouveaux contrats en cours de négociations. Notamment un marché de 24 millions de dollars avec les œuvres universitaires qui risque de passer à la trappe.

« Nul ne comprend pourquoi le sort de l'entreprise tient-il à la seule personne de ce président de syndicat, bougonne un travailleur. Il est temps de trouver une sortie à cette crise sinon nous perdrons tous dans l'affaire. » 

 

In DNA 07/08/2012

 

Photo DR archives

 

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Published by ODH Tizi-Ouzou - dans Actualité
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