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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 21:08

Alger, le 1er avril 2002

Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme

Algérie : La répression du Printemps Noir (avril 2001 - avril 2002)

Note :

26. Voir témoignage annexe 3.

L A D D H / P A G E 1 2

Avril 2001, 43 morts

Présentation

Le 25 avril 2001 à 10h00, une manifestation pacifique et de solidarité était organisée par les collégiens et lycéens de

Ouzellaguen (Béjaïa). Elle n'a enregistré aucun dérapage et n'a fait l'objet d'aucune tentative de destruction de biens publics

de la part des manifestants. Vers 11h00, un convoi de gendarmes de la brigade de Hellouane (Ouzellaguen) est intervenu et

a réprimé les manifestants pour ensuite se réfugier au niveau de la Daïra de Ouzellaguen. Vers 12h30, les gendarmes ont

tenté une sortie dans la ville en tirant sur la foule. Makhmoukhen Kamel, 19 ans, touché de deux balles, à la tête et au niveau

du thorax est la première victime d'une répression étatique qui a fait plus de 80 morts en trois mois.

Du 25 au 28 avril, les forces de l'ordre, tous corps confondus, ont systématiquement réprimé dans le sang toutes les

manifestations pacifiques. Ce mouvement de protestation s'est rapidement étendu aux wilayates de :

- Tizi-Ouzou : 14 communes

- Béjaïa : 8 communes

- Sétif : 1 commune

- Bouira : 1 commune

Soit 24 localités différentes, réparties sur 3 wilayates (départements) de Kabylie et la wilaya de Sétif qui est plus à l'Est.

D'après les témoignages et enquêtes réalisées, en quatre jours d'affrontements, les forces de l'ordre anti-émeutes ont fait près

de 43 morts et des dizaines de blessés par balles. Le plus grand nombre de victimes est enregistré sur trois jours à Béjaïa,

les 25, 26 et 28 avril et sur deux jours, les 27 avril et 28 avril à Tizi-Ouzou. Selon des sources hospitalières, il ressort les

chiffres suivants, alors qu'il est pratiquement impossible de faire une évaluation précise du nombre des blessés : " 13 morts

à Béjaïa, 29 blessés par balles et 220 "autres blessés"27. 28 à Tizi-Ouzou, 147 blessés par balles, et 77 "autres blessés". 1

mort dans la wilaya de Sétif, 3 blessés par balles et 3 "autres blessés". 1 mort pour la wilaya de Bouira et 6 blessés par balle.

Du côté de Boumerdés, on a enregistré aussi 5 blessés par balles et 1 "autre blessé".

Alors que dans un bilan arrêté au 12 mai 2001 et dressé par le ministère de l'Intérieur (voir rapport d'Issad) pour la période

du 22 au 28 avril 2001, on a compté parmi les fonctionnaires de police : 56 "autres blessés" à Tizi-Ouzou, 224 à Béjaïa, un à

Boumerdès et 6 à Bouira ; au sein de la gendarmerie nationale : 78 "autres blessés" à Tizi-Ouzou, 81 "autres blessés" à Béjaïa,

13 "autres blessés" à Sétif, 8 "autres blessés" à Bouira.

Aucun gendarme n'a été touché par balle ou autres munitions.

Les localités touchées

Wilaya de Béjaïa, 13 morts

Commune de Ouzellaguen : en deux jours d'affrontements, il y a eu 5 morts et des dizaines de blessés par balles

Commune d'El Kseur : en deux jours d'affrontements, 3 morts et une vingtaine de blessés par balles

Commune de Seddouk : 2 morts et une centaine de blessés

Commune de Tichy : 1 mort et cinq blessés par balles.

Commune de Chemini : 1 mort et une dizaine de blessés

Commune d'Adekar : 1 mort et plusieurs blessés

Wilaya de Tizi-Ouzou, 28 morts

Commune de Azazga : 5 morts en une seule journée d'affrontements

Commune de Ain El Hammam : 2 morts en une seule journée d'affrontements

Commune de Larbaâ Nath Irathen : 5 morts en quatre jours d'affrontements

Commune des Ouadhias : 4 morts en deux jours d'affrontements

Commune de Draâ El Mizan : 1 mort en deux jours d'affrontements

Commune de Mekla : 1 mort en une journée d'affrontement

Algérie : La répression du Printemps Noir (avril 2001 - avril 2002)

Annexe 1 : Premier bilan du Printemps Noir (avril - mai - juin 2001)

Note :

27. "Autre blessé" fait référence aux blessures qui n'ont pas été causées par des balles.

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Commune de Fréha : 1 mort en une journée d'affrontements

Commune de Maâtkas : 2 morts en deux jours d'affrontements

Commune de Boghni : 2 morts en deux jours d'affrontements

Commune de Bouzeguenne : 2 morts en un jour d'affrontements

Commune de Boudjima : 2 morts en deux jours d'affrontements

Commune de Beni Douala : assassinat du jeune Guermah

Wilaya de Setif, 1 mort

Commune de Beni Mohli : 1 mort en une journée d'affrontements et plusieurs blessés

Wilaya de Bouira, 1 mort

Commune d'El Asnam : 1 mort et plusieurs blessés

Les victimes

Entre 13 et 18 ans : 9 victimes

Entre 19 et 25 ans : 18 victimes

Entre 26 et 30 ans : 6 victimes

Entre 31 et 37 ans : 10 victimes

Les forces de l'ordre impliquées

38 personnes tuées par les gendarmes

2 personnes tuées par les CNS (anti-émeute de police)

1 personne tuée par la Brigade Mobile de Police Judiciaire (BMPJ)

1 personne tuée par un chef de Daïra

1 personne tuée par des gardes communaux

Mai 2001, 15 morts

Présentation

Du 23 au 28 mai 2001, l'utilisation des balles réelles par les forces de l'ordre ont fait 15 nouvelles victimes, des dizaines de

blessés par balles. Des mauvais traitements et tortures, décentes punitives, représailles et pillages de magasins et de

domiciles ont été signalés un peu partout. Ces agissements étaient considérés par les organisations sociales et partis

politiques comme des provocations à la veille de la marche du 14 juin 2001, alors que les manifestations et les affrontements

n'ont plus cessé à partir du discours de Bouteflika, le 30 avril 2001.

Les localités touchées

Wilaya de Béjaïa, 6 morts

Commune de Takariets à Sidi Aiche : 1 adolescent de 13 ans tué et une dizaine de personnes ont été blessées

Commune de Tazmalt : 2 morts et une vingtaine de blessés par balles

Commune de Béjaïa : 3 morts et des dizaines de blessés

Wilaya de Tizi-Ouzou, 7 morts

Commune de Tadmaït : 3 morts et plusieurs blessés en une journée d'affrontements

Commune de Draâ Ben Khedda : 1 mort et plusieurs blessés en une journée d'affrontements

Commune de Maâtkas : 1 mort en deux jours d'affrontements

Commune de Illoula : 1 mort en un jour d'affrontements

Commune de Bouzeguenne : 1 mort en un jour d'affrontements

Wilaya d'Alger, 1 mort

Assassinat du jeune Haniche : Il a été tué par un militaire sniper lors de la marche pacifique du 31 mai 2001.

Algérie : La répression du Printemps Noir (avril 2001 - avril 2002)

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Wilaya de Bouira, 1 mort

Commune de Chorfa : 1 mort et plusieurs blessés par balle.

Les victimes

Entre 13 et 18 ans : 2 victimes

Entre 19 et 25 ans : 6 victimes

Entre 26 et 30 ans : 1 victime

Entre 31 et 37 ans : 3 victimes

Plus de 50 ans : 3 victimes

Les forces de l'ordre impliquées

10 personnes tuées par les gendarmes

4 personnes tuées par les CNS (anti-émeute de police)

1 personne tuée par un militaire, lors de la marche du FFS le 3 mai 2001

Juin 2001, 25 morts

Présentation

La Marche pacifique du 14 juin 2001 à Alger

Lors de cette marche une répression féroce s'est abattue sur les manifestants faisant 8 morts, dont 2 journalistes tués par

accidents de circulation. Des policiers en uniforme, des policiers en civil, soutenus par des agents du gouvernement se sont

livrés à une vraie chasse aux manifestants : arrestations violentes, suivies de mauvais traitements et torture morale et

physique à l'intérieur des commissariats et autres lieux inconnus. Durant toute une journée, les manifestants ont été

poursuivis par des voitures dans les ruelles d'Alger pour finir dans des "séances" de lynchages28, dont fut notamment victime

Saïdani Djamel et plus de 130 personnes ont été portées "disparues" durant une semaine. Après enquête, des organisations,

et des partis politiques, les "disparus" sont retrouvés soit dans les hôpitaux soit dans les commissariats soit morts. Cherat Ali,

36 ans, de Aïn Benian était parmi ces "disparus". Il sera retrouvé dix jours après à la morgue de l'hôpital militaire de Aïn Naâdja

à Alger.

Les manifestations du 15 au 26 juin 2001

Au lendemain de cette marche, du 15 juin au 26 juin 2001, des manifestations et affrontements entre forces de l'ordre et

manifestants ont fait à nouveau 17 morts, dont six en dehors de la Kabylie portant le nombre de victimes à 25 personnes dont

une femme et des dizaines de blessés par balles, des mauvais traitements et tortures. Lors de la plupart des affrontements,

les manifestants ont dû répondre aux expéditions punitives, aux représailles et aux pillages de magasins et de domiciles par

les forces de l'ordre. De Fréha (Tizi-Ouzou) à Akbou (Béjaïa), en passant par des localités de la wilaya de Sétif ou de Bouira les

témoignages sur place et rapportés par la presse ont montré comment des éléments des forces de l'ordre ont pillé, volé, violé

des domiciles, saccagé des magasins et semé la terreur dans les villages en faisant des descentes nocturnes avec des armes

blanches. Ces agissements ont poussé les citoyens à se constituer en groupes de vigilance et d'autodéfense. Les

affrontements ont pris de l'ampleur et touché plusieurs autres wilayates de l'Est et de l'Ouest de l'Algérie.

Les localités touchées

Wilaya de Béjaïa, 8 morts

Commune d'Akbou : 5 morts et des dizaines de blessés par balles en une journée d'affrontements

Commune d'Ouzellaguene : 1 mort et plusieurs blessés par balles

Commune de Béjaïa : 1 mort et des dizaines de blessés

Commune de Sidi Aiche : 1 mort et plusieurs blessés

Algérie : La répression du Printemps Noir (avril 2001 - avril 2002)

Note :

28. Voir article de La Tribune du 18 juin 2001.

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Wilaya de Tizi-Ouzou, 3 morts

Commune de Larbaâ Nath Irathen : 1 mort et plusieurs blessés en une journée d'affrontements

Commune de Draâ El Mizan : 2 morts et plusieurs blessés en une journée d'affrontements

Wilaya de Ain M'Lila, 1 mort

Commune d'Oum El Bouaghi : 1 mort et plusieurs blessés par balles.

Wilaya de Khenchella, 1 mort

1 mort, une femme, et des dizaines de blessés.

Wilaya de Setif, 3 morts

Commune de Ain Lagradj : 1 mort et plusieurs blessés.

Commune de Guenzet : 1 mort et plusieurs blessés

Commune de Beni Chebana : 1 mort et plusieurs blessés

Wilaya de Annaba, 1 mort

Les victimes

Entre 13 et 18 ans : 6 victimes

Entre 19 et 25 ans : 6 victimes

Entre 26 et 30 ans : 10 victimes

Entre 31 et 37 ans : 3 victime

Les forces de l'ordre impliquées

7 personnes tuées par les gendarmes

8 personnes tuées par les CNS (anti-émeute de police)

1 personne tuée par des gardes communaux

1 personne tuée par un maire

8 personnes tuées par des civils (policiers et autres non identifiés -marche du 14 juin 2001)

Algérie : La répression du Printemps Noir (avril 2001 - avril 2002)

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Ramdane Ayad né le 31 mai 1972, commune de Beni Ouartilane (Sétif)

Ayad a été touché par une bombe lacrymogène le 17 juin 2001 à 18h00, en face de la gendarmerie de Aïn Lagradj dans la

commune de Beni Ouartilane, alors qu'il essayait de secourir un enfant de 12 ans, asphyxié par les gaz. Au moment où il se

penchait pour le prendre, un gendarme a visé et lui a tiré en pleine tête une bombe lacrymogène. Les témoins rencontrés ont

parlé de préméditation. Ramdane Ayad est décédé le 29 juin 2001 des suites de cette blessure.

Issighid Karim, 28 ans, communale de Beni Chbana (Sétif)

Issighid était fonctionnaire de la Mairie. Il était allé appeler le maire qui se trouvait à l'intérieur de la caserne de la garde

communale de Beni Chbana D'après le témoignage de son père, le jeune Karim a été exécuté le 24 juin 2001 à l'intérieur de

la caserne de la garde communale de Beni Chbana ; il avait reçu une rafale en pleine face. Les secours n'ont été appelés que

quelques minutes après.

Yakoub Lyes, 13 ans, commune de Guenzet (Sétif)

Le mercredi 20 juin 2001, vers 18h20, le jeune Yakoub était parmi les manifestants en face du portail de la gendarmerie de

Guenzent. Les gendarmes étaient à l'intérieur quand ils ont tiré des rafales sur le portail, touchant la victime d'une balle au

niveau du coeur. L'un des gendarmes, du nom de Farouk, est sorti juste après en criant " c'est moi qui l'ai tué et faites ce que

vous voulez ".

Benhamida Hadj, né le 24 septembre 1966, marié, père de 3 enfants. Commune de Chorfa (Bouira)

Les affrontements entre manifestants et forces anti-émeutes de la gendarmerie ont commencé le 26 mai 2001, dès 9h00 du

matin. Vers 14h, les gendarmes lançaient une quinzaine de bombes lacrymogène suivies de tirs à balles réelles, faisant quatre

blessés. Benhamida participait aux secours des premiers blessés. Par la suite les manifestants se sont dirigés vers la caserne

de la garde communale. Les gendarmes sont intervenus avec le char pneumatique et ont pris position devant la garde

communale. Les manifestants étaient à 150 mètres de la caserne, quand le sergent-chef Osmani de la gendarmerie de Chorfa,

a donné l'ordre à son caporal du nom de Driza, de tirer. Il était 15h30 quand le caporal est descendu du char, s'est mis à genou

et a tiré sur la foule, touchant Hadj Benhamida, sur la RN 26 au niveau de la mosquée, en pleine poitrine.

Yahia-Cherif Karim, né le 11 mars 1969, commune d'El Kseur (Béjaïa)

Le 26 avril 2001, le jeune Karim était à côté de la maison. Il observait les affrontements entre manifestants et CNS qui se

déroulaient 350 mètres plus bas. Un cortège funèbre est passé par la rue. A sa tête, des notables du village essayaient de

calmer les jeunes pour pouvoir passer. Yahia Cherif s'est proposé spontanément de servir de bouclier pour les notables afin

de discuter avec les CNS et les manifestants pour les laisser passer vers le cimetière. Vers 14h30, au moment où le

commissaire s'est approché pour discuter, une rafale a été tirée du commissariat, touchant Yahia Cherif Karim.

Asbaï Yahia, né le 23 janvier 1982, commun d'El Kseur (Béjaïa)

Le gendarme qui a tiré sur la victime était accroupi devant le portail. Il a visé le jeune Yahia et lui a tiré deux balles. Asbaï a

été touché le 25 avril 2001 vers 15h30 au niveau du visage et de la tête, alors qu'il était à 50 mètres de la brigade de

gendarmerie d'El Kseur, et a succombé à ses blessures le 28 avril 2001 à 17h30 à l'Hopital Khelil Amrane de Béjaïa.

Makhmoukhen Kamel, né le 22 décembre 1982, commune de Ouzellaguen (Béjaïa)

Le 25 avril 2001, lors d'une offensive des gendarmes de Hellouane (Ouzellaguen) sur les manifestants, ils ont tiré sur la foule

du côté de la Mairie sur la route nationale, et Makhmoukhen a reçu trois balles, 2 au niveau du thorax et une au niveau de la

mâchoire. Il était entre 12h30 et 13h00.

Saidi Akli, 35 ans, commune de Ouzellaguen (Béjaïa)

Le 25 avril 2001, lors d'une offensive des gendarmes de Hellouane (Ouzellaguen) sur les manifestants suivie d'une fusillade,

Saïdi a reçu vers 13h00 une rafale tirée à 150 mètres de là, alors qu'il se trouvait en face de la Mairie.

Algérie : La répression du Printemps Noir (avril 2001 - avril 2002)

Annexe 2 : Résumés des témoignages sur les victimes du Printemps Noir

(avril - mai - juin 2001)

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Haddad Nadir, né le 11 septembre 1984, commune de Ouzellaguen (Béjaïa)

Le 25 avril 2001, lors d'une des offensives des gendarmes de Hellouane (Ouellaguen) sur les manifestants en sortant de la

Daïra, Haddad a reçu, vers 13h00 une balle au niveau de l'abdomen. Il se trouvait alors avec d'autres jeunes, très loin de la

Daïra, à 250 mètres des gendarmes.

Chilla Farid, né le 2 novembre 1973, commune de Ouzellaguen (Béjaïa)

Le 26 avril 2001, les forces anti-émeutes de la gendarmerie qui étaient postées à l'intérieur de la Daïra, sont sorties pour

lancer une offensive sur les manifestants, les pourchassant dans la ville. Chilla était à 150 mètres de la Daïra dans une autre

ruelle, à l'intérieur du CEM derrière la Mairie quand, vers 18h30, il a reçu une rafale en plein thorax.

Ibrahim Sadek, né le 24 octobre 1963, commune de Ouzellaguen (Béjaïa)

Le 26 avril 2001, au moment du départ des gendarmes de la Daïra, vers 18h30, une fusillade a éclaté. A ce moment-là, un

gendarme s'est mis à genou, a visé puis tiré sur Ibrahim. La victime était à 100 mètres des gendarmes. Pour empêcher tout

secours, ils tiraient sur tous ceux qui s'approchaient. Un des gendarmes s'est approché de la victime pour lui cracher dessus.

Ibrahim a succombé à ses blessures juste avant d'arriver à l'hôpital.

Haya Noureddine, le 10 décembre 1974, commune de Ouzellaguen (Béjaïa)

Le 19 juin 2001, lors d'une sortie, entre 18h00 et 18h30, des gendarmes de la caserne de Hellouane (Ouzellaguen) pour

pourchasser les manifestants, Haya, qui se trouvait à une quarantaine de mètres de la caserne, a été touché à l'épaule droite

par un sniper placé en haut de la terrasse de la caserne de Hellouane.

Messalti Hafid, né le 6 janvier 1987, commune de Takriets à Sidi Aiche (Béjaïa)

Le 25 mai 2001, au moment où les renforts de la gendarmerie passaient par le village de Takriets, la route était complètement

barricadée. Vers 17h05, à leur passage devant son domicile, la victime a entendu des tirs de balles. Au moment où il est sorti

pour voir, un gendarme en position accroupie, a visé l'adolescent et lui a tiré une balle à la tête. Il est mort sur place.

Adara Fouad, né le 30 juin 1972, Commune de Sidi Aiche (Béjaïa)

La victime rentrait, comme à son habitude à 13h00 après déjeuner, au café Tinhinan à deux pas de son magasin pour prendre

son café. Un policier en civil du nom de Teladji Madjid est rentré le 26 juin 2001 dans le café pour tuer d'une balle dans tête

le jeune Fouad. Le policier s'est ensuite réfugié dans le commissariat de Sidi Aiche à 10 mètres de là.

Yagouni Nour Eddine, né le 6 février 1967, Commune de Chemini (Béjaïa)

Le 28 avril 2001, les gendarmes sont sortis de la brigade pour pourchasser les manifestants dans le village. À ce moment-là,

vers 19h30, Yagouni sortait de chez lui et, une vingtaine de mètres plus loin rencontrait la foule qui remontait vers le village.

Au moment où il a pris conscience de ce qui se passait, il se retrouvait face à face avec un gendarme. Le gendarme a chargé

son fusil et lui a tiré une balle au niveau du coeur. Ils étaient alors à 350 mètres de la brigade de gendarmerie de Chemini. Il

s'agissait, d'après les cinq témoins principaux, du chef de brigade de la gendarmerie de Chemini.

Mimoune Mourad, 15 ans, commune de Boukhlifa (Béjaïa)

Le 26 avril 2001, vers 15 heures des renforts arrivaient de Béjaïa sur Tichy. Les manifestant, une soixantaine, avaient décidé

de bloquer la route vers le pont de Boukhlifa (entrée communale PK 10 ) pour stopper les renforts. Après plusieurs tentatives

des gendarmes pour passer, les manifestants ont fini par prendre le dessus en plaçant des barricades. À 18 h, plusieurs

camions de gendarmes, d'autres renforts, arrivaient au niveau du pont. Pris de panique, les manifestants qui, jusqu'à ce

moment occupaient le pont, se sont sauvés pour se cacher 300 mètres pus loin dans un verger. Une fois sur place les

gendarmes ont sauté de leurs camions, sans tirs de sommation, ils avaient déjà tiré trois rafales en direction des manifestants

en fuite. Le jeune Mimoune âgé de 15 ans a été tué sur le coup.

Ben Abderrahmane Menad, né le 26 janvier 1967, commune de Tazmalt (Béjaïa)

Le 25 mai 2001, des affrontements entre manifestants et forces anti-émeutes de la police (CNS) qui protégeaient la Daïra de

Tazmalt ont fait deux morts et 17 blessés. Vers 16h30, en voulant rejoindre le commissariat, les CNS sont sortis de la Daïra

Algérie : La répression du Printemps Noir (avril 2001 - avril 2002)

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en voiture et en fourgon, fonçant et tirant sur les manifestants pour dégager la route. Menad se trouvait, vers 16h30, à 70 mètres

de la Daïra plus bas vers l'hôpital au coin d'une rue et a reçu une balle en pleine tête alors qu'il essayait de secourir un blessé.

Agri Ali, né le 31 décembre 1966. Marié et père de deux enfants, commune de Tazmalt (Béjaïa)

Moulaï Boualem se trouvait, vers 16h30, dans une ruelle à 40 mètres de la Daïra vers le haut quand il a été touché par une rafale.

Belaid Ourahdane, né le 20 juin 1983, commune d'Adekar (Béjaïa)

La victime a été tuée de trois balles dans le dos à environ 300 mètres de la caserne de gendarmerie d'Adekar. Le tireur était

posté sur la terrasse de la caserne. La victime est morte pendant son évacuation vers l'hôpital le 28 avril 2001 à 16h15.

Karim Sidhoum, né le 05 avril 1984, commune d'Akbou (Béjaïa)

Durant les affrontements entre manifestants et forces de police anti-émeutes du 18 juin 2001, Sidhoum était parmi les

manifestants. Il se trouvait en face du café " Le Palace " quand vers 17h30, un CNS a tiré une rafale. La victime était à une

trentaine de mètres. Elle a été touchée au niveau du thorax.

Slimane Arrezouk, né le 07 mai 1973, commune d'Akbou (Béjaïa)

Pendant les affrontements entre manifestants et forces de police anti-émeute du 18 juin 2001 à Akbou, Arezouk était parmi les

manifestants. Il se trouvait en face du café " Le Palace ". Il jetait des pierres sur les CNS quand il est tombé, entre 16h30 et 17h00,

sous un coup de rafale tiré par un CNS qui avançait sur eux. Le CNS était à une cinquantaine de mètres des manifestants.

Karim Nekkali, né le 8 juillet 1974, commune d'Akbou (Béjaïa)

Pendant les affrontements entre manifestants et forces de police anti-émeutes, le 18 juin 2001, Nekkali Abdennour se

trouvait, lui aussi en face du café " Le Palace " sur la RN 26 à 30 mètres du lieu où Arrezouk a été exécuté. Il est tombé, entre

17h30 et 18h30, sous un coup de rafale tiré par un CNS.

Rachid Chekkal, né le 17 novembre 1977, commune d'Akbou (Béjaïa)

Pendant les affrontements entre manifestants et forces de police anti-émeutes du 19 juin 2001, Chekkal se cachait derrière

le mur de l'hôpital quand une balle, tirée de la terrasse du commissariat l'a touché. Les forces de police anti-émeute étaient

stationnées à l'intérieur du commissariat d'Akbou en plus de la présence des inspecteurs de police d'Akbou. D'après les

différents témoignages récoltés, ceux qui étaient sur la terrasse étaient des civils cagoulés.

Abdelkrim Mesbah, né le 18 septembre1981, commune d'Akbou (Béjaïa)

Le 19 juin 2001 vers 12h30, la victime était en train de manger des sandwichs avec un groupe de jeune. Ils étaient à 30

mètres du commissariat quand un tireur du haut de la terrasse a tiré une rafale sur eux touchant le témoin de deux balles

dans le dos, et à côté de lui, Abdelkrim Mesbah a reçu des balles de face. Le sniper portait une chemise bleue et pendant que

la victime était par terre, les CNS continuaient à arroser tout le monde de tirs lacrymogène et de balles réelles. Il a fallu

transporter la victime sur 300 à 400 mètres pour contourner le commissariat et arriver à l'hôpital, Mesbah avait déjà perdu

beaucoup de sang.

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Published by Madjid - dans LADDH
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